jeudi 3 décembre 2009

Tâches ménagères : lorsque l'enfant paraît, l'espoir de parité disparaît !

Tâches ménagères : la répartition déjà inégale dans le couple augmente lorsque l'enfant paraît.

Depuis quelques semaines, l'actualité se focalise sur la question de la parité dans les instances représentatives ( au niveau européen ou régional ici et ) et dans les instances dirigeantes des entreprises ( la question de la parité dans les conseils d'administration devant être débattue en janvier 2010 à l'Assemblée Nationale) soulignant la faible participation des femmes.

Une enquête de l'INED ( Institut national d'études démographiques ) relance la question mais cette fois dans le domaine des tâches ménagères. Cela ne surprendra personne, aucune évolution notable n'est à l'ordre du jour dans ce domaine : le constat est identique à ceci près que, si la répartition des tâches est inégale dans le couple, la faible participation des hommes est toujours aussi édifiante.

L'enquête de l'INED révèle ainsi que, dans le couple, les tâches ménagères incombent à 80% aux femmes et cette proportion augmente des la naissance du premier enfant, son arrivée accentuant l'inégalite.


L'enquête Étude des relations familiales et intergénérationnelles (Erfi), menée par l'Ined, a ainsi interrogé les mêmes couples en 2005 et 2008 sur la répartition des tâches ménagères et leur degré de satisfaction.

En 2005, parmi les femmes âgées de 20 à 49 ans, 8 sur 10 déclarent s'occuper « toujours » ou « le plus souvent » du repassage, 7 sur 10 de la préparation des repas, et la moitié de l'aspirateur et des courses d'alimentation.

La naissance d'un enfant accentue ces déséquilibres puisqu'en 2008, 38 % des femmes qui ont eu une naissance entre 2005 et 2008 et pour qui la répartition d'au moins trois tâches a évolué en leur défaveur, expriment une insatisfaction plus forte qu'en 2005. Seules la vaisselle et l'organisation sociale de la vie du ménage évoluent peu.

" Parmi les femmes en couple âgées de 20 à 49 ans, 8 sur 10 s'occupent toujours ou le plus souvent du repassage, 7 sur 10 de la préparation des repas, la moitié de l'aspirateur et des courses ", rappelle l'Ined, citant une enquête de 2005.

Ces couples sondés ont été réinterrogés en 2008. Résultat: la naissance d'un enfant " accentue le déséquilibre du partage des tâches entre conjoints " observe l'institut. Et les inégalités " deviennent particulièrement prononcées chez les couples ayant déjà un ou plusieurs enfants au premier entretien et qui se retrouvent avec un enfant supplémentaire de moins de trois ans ".

En ce qui concerne la cuisine, la répartition est stable chez les couples qui n'ont pas eu d'enfant entre 2005 et 2008. Mais pour les autres, c'est madame qui s'y colle. Chez les couples qui ont eu un premier enfant entre les deux entretiens, la proportion des mères aux fourneaux passe de 51 à 58%, et de 72 à 77% chez les couples ayant un bébé supplémentaire.

L'enquête de l'INED est, certes, imparfaite puisqu'elle ne prend pas encore en compte des activités parentales telles que le bain, le change, le biberon ou les trajets pour la crèche ou l'école. Il reste que, même sans ces données, l'auteur de l'etude relève que ces tâches, " ajoutées à la dégradation de la répartition des tâches ménagères, cela pourrait rendre compte de l'insatisfaction plus forte des femmes ayant un enfant ".

Ah ! si seulement tous les papas pouvaient être bien inspirés et faire comme le Père Noël qui aide Mère Noël à mettre la table (faites le test et regardez la vidéo jusqu'à la fin, ce serait Noël tous les jours !

Source : Nouvelobs.com avec AFP

4 commentaires:

Emelire a dit…

il y a aussi tous ls soins à l'enfant malade : tenue du carnet de santé, visites médicales, se lever la nuit quand ils sont malades, en porter le souci même si ce sont de petites maladies, de petits soucis ils s'accumulent ... en + bien entendu d'aller travailler. Or tout ceci est une compétence, et si les parents ne l'acquièrent pas ENSEMBLE dès la naissance de l'enfant, alors l'écart de compétence fait qu'effectivement la santé (qui inclue la pratique sportive, le suivi particulier d'un enfant lunettes, orthodontie, parfois régime alimentaire, hygiène ...) finit par ne reposer QUE sur la mère. Et c'est extrêmement lourd. Perso je suis persuadée que les divorces (j'ai lu que ce sont les femmes qui le demandaient le + souvent) sont dus à cette charge exclusive sur le dos des femmes (dans une société qui ne fait pas grand chose pour nous aider), les femmes en ont assez d'être dévalorisées et tout simplement physiquement épuisées. Je vis avec un homme pas macho, qui fait une part des taches domestiques, et est assez présent aux enfants depuis toujours, et pourtant j'en ai bcp + sur les épaules (linge, repas, santé, suivi école) et j'avoue un certain épuisement et pas mal de lassitude (ma vie est pleine, militante, je fais du sport et je bosse à temps plein ...) d'autant qu'aujourd'ui, les enfants étudient + longtemps, restent + longtemps à la maison ... le temps de parentalité est + long qu'avant, on en demande bien + aux parents aussi (lien vie scolaire vie personnelle, avec la crise et le chomage les parents, les mères sont bien + investies pour la réussite scolaire). Et puis il y a la charge 'morale', c'est vrai qu'on a été élevés de manière différente pour ça... le garçon dans les petites voitures et les filles dans les poupées ^^...
Je rigolais hier soir Journal de TF1, sujet sur l'inégalité des taches ménagères (mené avec humour d'ailleurs, pas mal fait), et juste après, sujet sur Noel, les garçons et les figurines de catch, les filles et les miniatures de poupées ... lol ! des contradictions que notre conditionnement nous empêche de voir...

Anonyme a dit…

Tiens, cela me rappelle une conversation avec ma mère, lors de laquelle je lui confiais avoir dû mal à y arriver, physiquement et moralement parlant avec 2 enfants, tout en lui confessant cela un peu honteuse car elle avait également travailler à plein temps avec 3 enfants. Elle m'avait répliqué aussi sec, montrant qu'elle était consciente du problème, qu'à son époque, ce n'était pas la même chose, la société était différente ... je crois qu'elle entendait également par là que nous vivons dans un système où l'enfant est roi mais que malheureusement cela impose une charge supplémentaire et, là encore, ce sont les mères qui assument le surplus ... lorsqu'on ne menace pas de les discréditer en tant que mère si elles n'arrivent plus à tout assumer!

meli a dit…

Manifestement, tout le monde n'est pas d'accord avec les conclusions de cette enquête. Je viens de lire notamment un article à la limite du choquant sur Maman travaille ( http://mamantravaille.typepad.fr/maman_travaille/2009/12/les-in%C3%A9galit%C3%A9-hommesfemmes-%C3%A0-la-maison-ah-bon-et-vous-.html#more). Je ne suis d'ailleurs pas la seule à trouver que la rédactrice adopte un ton " plutôt condescendant, limite méprisant pour ces femmes qui assurent la majorité des taches ménagères " et qui feint d'ignorer qu'elles existent. A la lire, on a l'impression que les femmes qui assument 80% des tâches ménagères sont des espèces de "neu neu" en voie de disparition, des pauv' filles (elle ne l'écrit pas mais on s'attendrait presque à le lire), des "has been" alors qu'elle, la rédactrice "wonder super woman", a tout compris comme on s'en douterait :) suite dans un autre commentaire ...

meli a dit…

suite de mon commentaire :
Je crois, au demeurant, que tout cela est très hypocrite. Pourquoi sciemment ? simplement parce que dans une interview de novembre 2008 (ici : http://www.toutpourelles.fr/index.php?2008/11/04/278-maman-travaille-le-reseau-des-meres-actives), la même rédactrice motivait la création de son blog par la difficulté de concilier vie privée et vie professionnelle pour les femmes et la nécessité de savoir "comment font les autres" pour résoudre ces mêmes difficultés.
Je crains malheureusement que cet article participe à une désinformation. Pourquoi de la désinformation : parce que cela accrédite la thèse selon laquelle les femmes qui vivent une autre situation sont une minorité. Or, chacun sait que la personne qui va se sentir en minorité ne va pas avoir tendance à contredire la position dominante et a fortiori ne va pas s'insurger contre ce type de position ... que la rédactrice de l'article s'est empressée de faire cautionner par son entourage avant même de la livrer à sa cour.
Ce qui est inquiétant est que cette même personne a la prétention d'être représentative de la population féminine qui travaille et de se revendiquer féministe ?!!! et à ce titre, elle annonce, quand même à ses lecteurs " Vous savez que les cabinets d'Anne Hidalgo, Première adjointe au Maire de Paris, et de Nadine Morano, Secrétaire d'Etat chargée de la Famille attendent nos propositions pour une meilleure conciliation vie pro / vie familiale".
Je me demande ce qu'elle va bien pouvoir leur proposer dans ces conditions ? En tout cas, je crains qu'elle ne plaide pas la cause des femmes qui travaillent.

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